The Sedan Vault - "Mardi Gras Of The Sisypha"

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The Sedan Vault - "Mardi Gras Of The Sisypha"

Message par Punkachu from PunkFiction le Jeu 13 Avr - 11:20

The Sedan Vault : Mardi Gras Of The Sisypha (2006)
Label : Funtime Records
Durée : 30 minutes
Titres :
01. Zyklon B In Tranquillizer
02. Cynthia Ozick’s Godawful City
03. (are burning walls a) Hologram ?
04. Black Waltz In White Shoes
05. Like A Scene Of An Apolyptic Film
06. Read Demonologies



Contexte :
Quatre ans se sont écoulés depuis le split du groupe Mawkish. Quatre ans au cours desquels, après avoir démarré l’aventure The Sedan Vault, la bande aura peaufiné son style. Ne voulant avant tout pas brûler les étapes et avec l’ambition d’élever dès cette première production le niveau de maturité du combo belge, dans le fond comme la forme, The Sedan Vault font en effet déjà très fort avec ce bijou de six titres sorti sur Funtime Records début 2006.

Kronik :
The Sedan Vault fait partie de ces groupes dont on sait pertinemment d’où ils viennent mais dont, et c’est ce qui en fait toute la richesse et tout l’intérêt, bien malin qui saurait dire où ils ont l’intention d’aller.
On cite Sigur Ros, VexRed mais malgré la filiation directe avec la partie chevelue des feux At The Drive-In, The Mars Volta, certes marquante et assumée, The Sedan Vault n’en reste pas moins, avec une maturité simplement bluffante, un groupe bien reconnaissable. Moins chaotique, plus mélodique, moins psychédélique et plus émotionnel, le quartet belge a cependant en commun avec ces illustres inspirateurs américains, outre l’identité vocale, un certain aspect torturé et une constante ambition de créer une « oeuvre musicale ».
On n’atteint évidemment pas le degré de génie d’un Frances The Mute, mais la profondeur de leur emo/indie/postrock (c’est qu’ils sont durs à casés !) - au moins aussi classieux que le livret très soigné et personnel qui accompagne le disque - vaut largement qu’on s’y attarde.

Mardi Gras Of The Sisypha est le genre de disque où le sens donné à la démarche est évidemment indissociable de l’aspect simplement musical, pour peu qu’on arrive, au moins en partie, à le décoder.
Musicalement on oscille pendant 30 minutes entre emo pop, quasi silences cristallins, plans post noise, basse ambitieuse et innovante digne de Muse, envolées vocales ou de guitare, claviers épurés : une atmosphère de beauté glauque que des rythmiques choquantes viennent déstructurer et que d’aucuns qualifieraient d’alambiquées, et c’est le moins que l’on pourrait dire.
Des refrains touchants et des compositions taillées au scalpel, de pair avec une personnalité écorchée vive imprègnant des mélodies très présentes sur ces six titres, sans qu’il soit possible véritablement d’en sortir un du lot.

Un tout cependant très cohérent, grâce à un univers très bien construit, porté par des textes poétiques des plus ciselés ; et sur lequel il serait une bien grave erreur de ne pas se pencher. Mardi Gras Of The Sisypha est ainsi construit comme un concept album autour des tribulations imaginaires de trois personnages enfermés dans un monde où règne horreur, (dés)illusion et errance onirique. Un enfant qui grandit, une prostituée qui subit et un dealer qui survit, plantent ainsi le décor métaphorique d’un monde, le nôtre, où l’imaginaire est le seul échappatoire à la folie ambiante, souffrance futile d’une existence qui n’a rien de sûr et que viendra de toute façon clore une mort certaine.
Le groupe transpose ainsi à la vie d’humain moderne, comme l’avait fait Albert Camus au siècle dernier, le mythe de Sisyphe : roi antique ayant défié la mort et condamné pour cela à pousser à jamais un rocher sur le flanc d’une montagne qui ne le lassa jamais arriver au sommet. De l’éternel recommencement comme sens de toute vie, qui, quelle qu’elle soit, vaut d’être vécue en somme…

« Mardi Gras » et style musical inclassable, comme des pieds de nez au mythe et aux conventions musicales établies. Quand bien même d'apparence fragile, et difficile d’accès, la musicalité du groupe éclabousse la norme, la complexité de l'ensemble a quelque chose d’aussi insondable qu’excitant, entre songe et démence on perd le fil plus souvent qu’à son tour et c’est sans doute l’effet recherché par ce groupe riche et profond, dont le disque à la bien courte demie heure laisse présager d’un grand avenir.

Punkachu !

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