Bad Brains

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Bad Brains

Message par Memo le Mar 28 Fév - 17:44

Comme nombre de groupes ou genres musicaux « extrêmes » [1], les Bad Brains sont issus d’un milieu industriel. Le groupe se forme en 1979, à District Heights (Maryland), une banlieue ouvrière de Washington DC, autour du guitariste Gary Miller, ex-bassiste dans diverses formations funk, qui deviendra Dr. Know. C’est lui qui apprendra la basse à Darryl Jenifer, avant de prendre la guitare. Les deux autres membres du groupe sont les frères Earl (batterie) et Paul D. Hudson (chant), surnommé H.R. Dans un premier temps, le groupe joue une sorte d’hybride funk fusion, sous le nom de Mind Power. Puis le groupe découvre le punk : badaboum, c’est la révélation. Plus tard, les quatre jeunes hommes rencontrent Bob Marley avant un de ses concerts à Washington et décident d’épouser la cause rastafari. L’histoire peut commencer : le son des Bad Brains a trouvé son inspiration dans la rage punk des Sex Pistols et le reggae politique de Bob Marley.
Rapidement les Bad Brains deviennent l’un des combos hardcore [2] les plus populaires de la côte Est (surtout à Washington, DC), bien que pâtissant de l’irrégularité de leurs tournées et d’une distribution peu favorable.
Les premières productions de Bad Brains sont confidentielles. Leur premier single, Pay To Cum, sort à un nombre d’exemplaires très limité, et le premier album, Bad Brains (1982), n’est édité que sur support cassette par le label ROIR. De même, les autres EPs enregistrés en 1982 (I And I Survive et Destroy Babylon) sont, à l’époque, mal distribués et difficilement trouvables.
C’est donc sur scène que les Bad Brains se forgent une réputation avec leur mélange détonant de reggae et de rock survolté, aux confins du punk et du metal. Des shows intenses, débridés, qui leur vaudront d’ailleurs d’être interdits dans la capitale — d’où la chanson Banned In DC, issue de l’album Rock For Light et reprise comme titre de la compilation parue en 2003 chez Charlotte Records retraçant leur carrière en indé.



[1] Plusieurs villes et régions industrielles ont vu émerger des groupes parmi les plus essentiels de l’histoire du rock. Des groupes qui, sevrés de l’ennui et de l’austérité de ce milieu produisirent des musiques souvent rageuses, violentes, parfois nihilistes ou désespérées. On pense à Detroit (MC5, Stooges), Birmingham (Black Sabbath, Throbbing Gristle), Manchester (Joy Division), Ipswich (Napalm Death) ou encore à la région de Seattle (scène dite grunge).

[2] Le hardcore est le pendant américain au punk anglais. Apparu à la toute fin des années 70, il se distingue du punk anglais par des groupes globalement plus politisés, un son plus cru et des compositions rivalisant de concision et de rapidité.

Les Bad Brains furent, dans les années 80, l’un des groupes phares du punk hardcore américain. D’albums high-energy en shows déments, ils se bâtirent une solide réputation dans l’underground rock. Une compilation parue en 2003 retrace la carrière de ce groupe essentiel, dont l’influence sur le heavy-rock US se fait encore sentir aujourd’hui.


La compilation Banned In DC — Bad Brains Greatest Riffs, parue courant 2003 retrace la carrière du groupe, avec des titres issus de la période indé du groupe (82-90). Un skeud chaudement recommandable à tout amateur de heavy rock débridé, et dont le son, par instants franchement lo-fi, contribue au charme de la musique. Banned In DC, globalement dominé par des morceaux frénétiques et ultra-speed, est pourtant assez varié et atteste de la diversité des compos du groupe, du hardcore au heavy metal en passant par le reggae (quatre titres). Le disque est essentiellement constitué d’un paquet de morceaux furieux, typiques du punk hardcore US, c’est-à-dire exécutés pied au plancher. A ce titre, Pay To Cum, I Against I (qui figure également, en version live, en bonus vidéo), F.V.K. pourraient presque faire office de manifeste. On distingue aussi At The Movies et son riff mélodique ou encore l’excellent Big Takeover en live, stoogien dans sa frénésie. Quatre morceaux de reggae figurent à la fin d’album, après l’éjaculation du furibard Joshua’s Song (33 secondes !). Un reggae de bonne facture, qui tranche avec la rage et le speed prédominants sur le reste du disque, et qui, à vrai dire, n’est pas mal venu.
A première écoute (distraite), on peut avoir l’impression d’avoir affaire un groupe punk de plus, sans nuance. Mais après quelques écoutes, les subtilités sont plus distinctes. Et il apparaît que le groupe était à l’avant-garde du heavy-rock, fusionnant les genres avec habileté, comme sur With The Quickness et Soul Craft métissage rap, punk et metal, ou sur le fantastique Re-Ignition, combinant heavy metal et chant reggae, nasillard. Et il n’est pas étonnant, donc, de lire que les Bad Brains ont influencé des groupes aussi variés que Fugazi, les Chili Peppers, Living Colour, Vision Of Disorder, POD, Fishbone ou les Beastie Boys. Un titre comme Joshua’s Song semble même annoncer le metal déjanté de System Of A Down. Quant à la voix de HR, on devine qu’elle a pu marquer l’inimitable Mike Patton (Mr Bungle, Faith No More, Tomahawk, Fantômas) : tout en modulation, elle oscille entre hargne punk, hoquets rock’n’roll, et chant clair.
En somme, Bad Brains est un groupe qui mélangeait intelligemment les genres, bien avant Faith No More, puis toute la vague néo-metal. Et ici, pas de ballade mielleuse à vomir, façon Staind, et merci bien. Rien que de la bonne came, quoi.


Genre: Hardcore Punk

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